Cameroun: un pays à fort potentiel

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Découvrez la monographie détaillée sur le Cameroun :

  • A propos du Cameroun
  • Histoire
  • La situation politique et sociale
  • Situation économique
  • La vision Cameroun 2035
  • L’agriculture, un secteur clé
  • Les industries extractives au Cameroun
  • Le secteur de transports au Cameroun
  • Les enjeux
  • Des opportunités pour le investisseurs

Situation géographique

D’une superficie de 475 650 km2, dont 466050 km2 de superficie continentale et 9600 km2 de superficie maritime, le Cameroun est situé au cœur de l’Afrique et fait la jonction entre l’Afrique équatoriale au Sud et l’Afrique tropicale au nord. Il partage des frontières avec 6 Etats : le Nigeria à l’Ouest, le Tchad au Nord-est, la République Centrafricaine à l’Est, le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale au Sud. Il est cependant très étendu en latitude : riverain du bassin du Congo au sud, alors que l’ouest et le nord se rattachent aux hautes densités des pays du Golfe de Guinée.  Il atteint au nord les rives sahéliennes du Lac Tchad.

Bordé par l’Océan atlantique, le pays est dominé par l’un des massifs montagneux les plus hauts d’Afrique. L’ensemble constitue une très grande variété de domaines bio-géographiques, d’où l’appellation Afrique en miniature. Cette comparaison est poursuivie dans le domaine démographique avec une population estimée à 22 millions d’habitants et répartie entre plus de 200 (on en dénombre 280) ethnies parlant 24 langues principales:,

Sur le plan politique et administratif

Le Cameroun est une république de type présidentialiste. Le pouvoir exécutif est concentré autour du président et contrôlé par S.E Paul Biya depuis 1982. Le pouvoir législatif est exercé par deux chambres, une Assemblée nationale et un Sénat mis en place depuis le 14 mai 2013.

Le Cameroun est membre de plusieurs institutions et organisations internationales et abrite les sièges de certains d’entre elles. L’on peut citer entre autre la BEAC, CEMAC, CEEAC, CBLT, OHADA, OAPI, CBC, Commission du Golfe de Guinée etc. IL est aujourd’hui membre de droit de l’Organisation internationale de la francophonie, ainsi que du Commonwealth d’où son caractère bilingue.  Le Cameroun est également membre de l’Assemblée parlementaire de la francophonie.

Sur le plan administratif, le Cameroun compte aujourd’hui dix régions elles-mêmes divisées en 58 départements. Les départements sont divisés en arrondissements. La capitale politique  Yaoundé est le siège des institutions tandis que Douala est la capitale économique.

Economie

L’économie du Cameroun est la plus diversifiée d’Afrique centrale, non seulement grâce à de nombreuses implantations étrangères mais aussi à de nombreux groupes nationaux. Trois secteurs constituent cette économie à savoir les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Le pays dispose de ressources naturelles agricoles (bananes, cacao, café, coton, miel), forestières, minières (bauxite, fer, cobalt, nickel, manganèse, diamant, marbre , gaz), pétrolières et des industries (boissons, sucrerie, huilerie, savonnerie, minoterie, aluminium, ciment, métallurgie, première transformation du bois, etc).

L’agriculture est considérée à juste titre comme le pilier de l’économie au Cameroun. Avec une occupation de 70 % de la population active, elle contribue environ à 42 % de la population active.  Elle se décline en plusieurs éléments, notamment les cultures de rente et vivrière (le coton, les palmeraies, le thé, la filière cacaocafé, la filière caoutchouc, la filière du sucre, la filière manioc ; la filière pomme de terre, la filière riz, la filière maïs,  la filière banane-plantain. Plusieurs secteurs se sont développés à savoir le secteur avicole et le secteur de l’élevage bovin etc.

Quant-à la pêche, environ 64 000 tonnes de produits maritimes sont pêchés chaque année au large des côtes camerounaises. La pêche artisanale maritime, pratiquée sur des pirogues le long des 400 km de côtes, notamment dans les mangroves. 10 000 tonnes de crevettes sont comprises dans ce nombre, à peu près autant que la pêche artisanale continentale sur les lacs artificiels et les cours d’eau. La pêche artisanale procure environ 65 000 emplois directs et 135 000 indirects dans le mareyage, la transformation et la construction de matériel. Douala est le seul port de pêche industrielle (10 000 t/an).

Le tourisme représente 2,5 % du PIB au Cameroun,  le gouvernement a lancé un plan d’aménagement à long terme afin de porter la masse de visiteurs au Cameroun de 200 000 personnes en 2002 à 500 000 à la fin 2009. En 2012, le Cameroun a accueilli 817.000 touristes. Le Cameroun possède trois sites naturels classés au patrimoine mondial par l’UNESCO : la réserve de faune du Dja, le parc national de Waza et le parc national de Lobéké qui fait partie du trinational de la Sangha. L’on peut également citer :  le musée de Baham situé dans la province de l’ouest et les chutes de FOVU, le musée national situé dans le centre-ville de Yaoundé, les chefferies traditionnelles à l’ouest et au Nord-ouest, le mont Cameroun (4 070 m) au sud-ouest, plus haut sommet du Cameroun et de l’Afrique de l’ouest ; les paysages lunaires des Kapsiki dans le nord, les chutes de la Lobé (Kribi).

Le secteur financier quant-à lui est composé de 13 banques commerciales (Afriland First Bank, BICEC, SGBC, SCB ATTIJARIWAFA BANK, ECOBANK, CBC (Commercial Bank Cameroon), Standard Chartered Bank, Citibank, UBA, UBC, NFC, BGFI, Banque Atlantique), 08 Etablissements financiers (Africa Leasing Company (ALC),Crédit Foncier du Cameroun (CFC), PRO-PME Financement SA (PRO-PME), Société Camerounaise de Crédit Automobile (SOCCA), Société Camerounaise d’Equipement (SCE), Société de Recouvrement des Créances du Cameroun (SRC), Société Financière Africaine (SFA), Société Nationale d’Investissement (SNI), et 495 Etablissements de Microfinance répartis en 3 catégories.

Infrastructures de développement

Le Cameroun possède (officiellement) 50 000 km de routes, dont 6 000 bitumées. Le réseau ferroviaire totalise 1 020 km de voies ferrées. Il dispose de quatre aéroports internationaux (Douala, Yaoundé-Nsimalen, Maroua et Garoua) et une quarantaine d’aéroports secondaires

Le Cameroun est doté de quatre ports autonomes: le port autonome de Douala; le port en eaux profondes de Kribi, le port maritime de Limbé et le port fluvial de Garoua.

Le port autonome de Douala représente à lui seul 95 % du trafic maritime de marchandises camerounais. C’est le plus grand port de la zone CEMAC. Situé à l’embouchure du fleuve Wouri, est le seul point d’entrée maritime pour le Cameroun et les pays enclavés de la zone. Son trafic de 6 millions de tonnes en 2004 assure 95 % des échanges extérieurs du pays. Sa capacité de 7,5 millions de tonnes (26 quais, 7 terminaux spécialisés et 15 entrepôts) est extensible à 10 millions10.

Toutefois, Douala n’est pas un port en eau profonde: les navires (1 300 par an d’une jauge brute de 15 000 t) y accèdent en empruntant un chenal de 24 km et de 6,5 m de profondeur qu’il faut constamment entretenir. D’où la construction du port en eau profonde de Kribi.

Les projets structurants par le Gouvernement camerounais  entrepris concernent des secteurs innovants tels que la construction des barrages (Memve’ele, Lom Pangar etc), des autoroutes (Douala-Yaoundé, Yaoundé-Nsimalen etc). L’extraction minière, l’agro-industrie, de logements sociaux ou encore des installations énergétiques. Ces projets visent non seulement à faire du Cameroun un pays émergent d’ici 2035, mais également à créer des nombreuses opportunités d’emploi pour les jeunes (2000 emplois) comme l’a annoncé le Président de la République dans son discours du 10 février 2013 à la jeunesse.

De bonnes perspectives économiques

Avec une position géographique stratégique qui en fait le débouché naturel pour les pays et régions enclavés d’Afrique centrale (Tchad, Centrafrique et le nord du Congo), le Cameroun est incontestablement un pays influent de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. La croissance économique du Cameroun a accéléré sur la période récente, passant de 2 % environ en 2009 à 5,9 % en 2015 et 4,8 % en 2016 (prévision 2017 : 4,2%), selon les prévisions des autorités. Le FMI estime que l’accroissement réel du PIB devrait se maintenir au-dessus de 5 % par an au cours des prochaines années, grâce notamment à l’augmentation de la production pétrolière (exploitation de nouveaux champs), à la réalisation d’investissements publics et à l’amélioration de la productivité agricole. Depuis 2010, la moyenne de l’inflation est restée inférieure à 3 %.  Le gouvernement du Cameroun envisage de tirer un plus grand avantage des opportunités offertes par les partenariats public- privés (PPP), afin de mobiliser les ressources nécessaires au financement de sa stratégie de développement consignée dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) adopté en 2009.

LES SECTEURS CLES

Services

Les services représentent près de la moitié du PIB (47% en 2014) et emploie 22% de la population active. Les services sont devenus la source de croissance la plus dynamique pour l’économie camerounaise. Dopée par la bonne santé des télécommunications, du transport et de la logistique, l’augmentation de la part du tertiaire dans le PIB du pays est une tendance qui devrait s’installer, puisqu’elle repose sur des activités diverses et en plein essor, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’administration ainsi que dans ceux du commerce, de l’hôtellerie et de la restauration.

Mines et Hydrocarbures

Le Cameroun a une capacité de production pétrolière de 100 000 barils/jour. Le pays s’apprête par ailleurs à valoriser son gaz naturel (dont les réserves sont estimées à 160 milliards de mètres cubes) à partir du complexe de Kribi, où Cameroon LNG, filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de GDF-Suez, achève la construction de son unité de liquéfaction. Riche en diamant, bauxite, fer, cobalt, nickel et or, le sous-sol camerounais renfermerait plus d’une cinquantaine de minerais, dont certains ne sont pas exploités. Depuis une dizaine d’années, le gouvernement a attribué nombre de permis d’exploration et d’exploitation minière, dont certains commencent à porter leurs fruits. Situé dans l’Est, le gisement diamantifère de Mobilong a livré ses premières pierres début 2013. L’opérateur coréen Cameroon & Korea Mining (C&KM) estime son potentiel à 18 millions de carats. L’américain Geovic Mining Corp., via sa filiale Geovic Cameroon, s’est associé fin juillet 2013 au chinois Jiangxi Rare Metals Tungsten Group Holding Company (JXTC) afin d’accélérer le développement et la mise en production de la mine de cobalt, nickel et manganèse de Nkamouna (Sud-Est), dont les réserves sont estimées à plus de 100 millions de tonnes de minerai. Enfin, le gisement de fer de Mbalam-Nabeba (à cheval sur la frontière avec le Congo).  La production du site – considéré comme le deuxième plus grand gisement de fer du continent – est estimée à 35 millions de tonnes sur vingt ans.

Infrastructures

Après un sérieux relâchement dans l’entretien et la mise à niveau des infrastructures de transport et un désinvestissement du secteur de l’énergie – dont le pays reste pourtant le plus important producteur au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), le gouvernement met enfin les bouchées doubles pour réaliser les projets prioritaires identifiés dans son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) 2010-2020. Un réveil largement motivé par le fait que ces derniers, d’une importance cruciale pour le développement de la sous-région également, suscitent l’apport de financements de la part des partenaires régionaux et internationaux. Le plan énergétique camerounais vise à résorber le déficit du pays (40 GWh par an) pour porter la puissance installée à 5 000 MW d’ici à 2020 (contre 1 337 MW actuellement). Le coût global de la réalisation des infrastructures de production et de transport d’électricité est estimé à plus de 5 850 milliards de F CFA (8,9 milliards d’euros) sur la période 2010-2020.  Le pays s’est par ailleurs attelé à la réalisation d’un réseau d’hydroélectricité, sachant qu’il dispose en la matière d’un potentiel estimé à 20 GW (le deuxième du continent après la RD Congo), dont il n’exploite que 6%.

Agriculture & et agroforesterie

Le gouvernement a élaboré en 2008 un plan de relance pour étendre les superficies cultivées (un quart des terres arables du pays), faciliter l’approvisionnement et l’utilisation d’intrants, ainsi que l’accès des paysans aux financements. Résultat : les produits de rentes et vivriers sont repartis à la hausse en 2012. Les activités de première transformation du café et du cacao ont augmenté la valeur ajoutée des produits d’exportation, de même que celles de l’huile de palme, mais elles doivent encore être développées et étendues à d’autres filières (coton, hévéa).

Parmi les autres chantiers en cours : l’amélioration du rendement dans l’exploitation des fruits, en particulier des bananes (dont l’exportation représente près de 3 % des recettes du pays hors pétrole) et la relance du secteur forestier. Le bois, qui est d’ores et déjà le premier produit camerounais d’exportation hors pétrole (environ 30 % des recettes), pourrait en effet rapporter beaucoup plus, sachant que la moitié seulement du million de mètres cubes exporté chaque année est transformée localement.